Nouveaux nuages sur la fusion Suez-GDF

La Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle repoussait d'une semaine l’annonce de sa décision sur la fusion GDF/Suez. Elle ne donnera son verdict que le 24 novembre au lieu du 17. Mais elle n’a pas précisé les raisons de ce report, comme elle le fait pourtant habituellement. Une source proche du dossier affirme que des complications sont apparues dans les négociations entre les groupes et Bruxelles sur les concessions exigées en matière de concurrence. La Commission exigerait encore plus de concessions des deux groupes, et notamment la vente totale de distrigaz en Belgique. Les négociations entre Bruxelles et les deux groupes buteraient en effet sur des questions de concurrence. Suez a conclu la semaine dernière avec l’Etat belge un accord réduisant sa capacité électrique dans ce pays. Le gouvernement belge craignait en effet que la fusion entre les deux groupes français de services aux collectivités crée un monopole puissant sur le marché belge de l'énergie. Ces négociations, menées parallèlement aux pourparlers avec la Commission européenne, avaient provoqué l'agacement de cette dernière, jalouse de ses prérogatives. L'accord a pu aussi déplaire à Gaz de France car les actifs électriques de Suez représentent un des intérêts majeurs de la fusion pour GDF.

GDF a convoqué dans la précipitation un conseil d'administration exceptionnel jeudi pour faire le point sur l'avancement du projet de fusion avec Suez. A l’issue de cette réunion, le groupe a assuré que les concessions que le nouvel ensemble devra apporter dans le domaine du gaz en Belgique seront «vraisemblablement plus étendues que celles qui avaient été initialement proposées».

La gauche demande le retrait ou la suspension de l’examen du projet de loi

En France, le feuilleton GDF/Suez a connu un nouveau rebondissement avec l’intérêt supposé de François Pinault pour le pôle environnement de Suez. D’après Les Echos, l’homme d’affaires français serait prêt à mettre 18 milliards d’euros sur la table pour racheter les activités eau et déchets de Suez, grâce à une alliance avec Enel. Le groupe énergétique italien a fait savoir que ce scénario n’était plus d’actualité. Le quotidien économique évoquait cependant la possibilité que François Pinault se fasse épauler par d’autres partenaires européens.

Ces rumeurs ont provoqué de vives réactions dans les rangs politiques. Alors que le texte sur la privatisation de GDF est discuté au Sénat, les socialistes et les communistes ont demandé «solennellement» au premier ministre, Dominique de Villepin, le «retrait» du projet de loi sur la privatisation de GDF «ou la suspension de son examen».

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